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PARIS (Reuters) – Laurence Parisot a dénoncé mardi les orientations du rapport Moreau et du gouvernement sur les retraites, jugeant irresponsable d’envisager une hausse des cotisations et le manque de volonté de réformer les retraites des fonctionnaires.
Pour sa dernière conférence de presse mensuelle avant de céder la présidence du Medef à Pierre Gattaz début juillet, la responsable patronale a regretté que la piste d’une augmentation de l’âge légal de la retraite ait été abandonnée.
« Je suis préoccupée par la position exprimée par le président de la République », a-t-elle déclaré, en saluant cependant la méthode de dialogue du chef de l’Etat.
Pour Laurence Parisot, augmenter les cotisations retraites des entreprises et des salariés, « c’est tout simplement inacceptable, c’est tout simplement inenvisageable, c’est tout simplement irresponsable », au regard des problèmes de compétitivité des entreprises françaises.
Elle a jugé « contestable, pour ne pas dire invraisemblable » que « le rapport Moreau laisse entier, ou plutôt sans réponse la question du financement des besoins des régimes de fonctionnaires ». Sur les quelque 22 milliards de déficit annuel envisagé pour les retraites en 2020, 8,6 milliards viennent du régime de la fonction publique, a-t-elle souligné.
La réforme des retraites est prévue pour l’automne.
La prudence affichée par François Hollande sur ce dossier et l’option privilégiée d’un allongement de la durée de cotisation compromettent un retour à l’équilibre financier en 2020 mais l’absence de croissance et la montée du chômage limitent les marges de manoeuvre, estiment économistes et investisseurs.
« AGGRAVATION DE LA SITUATION »
Le chef de l’Etat a exclu de « tout remettre à plat » ou de relever l’âge légal de départ en retraite fixé à 62 ans depuis la réforme de 2010 et estimé que la refonte des régimes spéciaux avait déjà eu lieu. Il s’est en revanche engagé à « continuer à augmenter la durée de cotisation pour tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie ».
« Nous allons expliquer au cours de la conférence sociale que cette question des retraites est une question purement arithmétique », a déclaré Laurence Parisot, en référence à la conférence organisée entre l’exécutif et les partenaires sociaux jeudi et vendredi. « Les variables sont simples et sont connues: le taux de cotisation, le taux de remplacement, l’âge légal, la durée de cotisation. »

« Ce qui est en train de se préparer, c’est une aggravation de la situation pour les entreprises, une aggravation de la situation pour les salariés, une aggravation de la situation pour les retraités », a déploré la dirigeante patronale.
Le relèvement de l’âge légal a été décidé par tous les partenaires européens de la France, a-t-elle poursuivi.
« Je n’arrive toujours pas à comprendre au nom de quel de principe miraculeux, nous, Français, nous pourrions échapper à cette loi qui est liée à une bonne nouvelle: l’allongement de l’espérance de vie. »
Jugeant au contraire que le gouvernement était trop sensible aux arguments du patronat, les syndicats CGT et FO ont brandi lundi la menace d’une mobilisation interprofessionnelle sur la question des retraites.
Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse
BVOLTAIRE   
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Revoilà la question des retraites. Le gouvernement rose-vert va donc devoir procéder à une réforme qu’il n’avait nullement annoncée. Il va justifier ce revirement par la crise et le creusement de déficits que son prédécesseur n’avait pas anticipé.
Mais le devin plombier hollandais possède une boîte à outils magique d’où il va sortir un assortiment de solutions conformes à la devise Shadok : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Il y aura d’abord, comme d’habitude, des prélèvements supplémentaires, comme une hausse du taux de CSG pour les retraités aisés. Entre seuils et plafonds qui multiplient opacité et inégalité, les retraités qui auront le mieux préparé leur départ de la vie active seront conviés à faire preuve de solidarité.
De même, pour ceux qui, par le nombre de leurs enfants, auront contribué aux cotisations d’aujourd’hui. Pourra s’y ajouter une hausse des cotisations salariales et patronales. Côté dépenses, les pensions, notamment pour les retraités aisés, augmenteront moins que l’inflation. Si l’âge légal du départ en retraite ne sera pas modifié, la durée de cotisation pourra croître jusqu’à 44 ans pour la génération née en 1966 qui ne prendra sa retraite qu’en 2028.
Ce bouquet n’embaume pas, il enfume : il évite les sujets qui fâchent, notamment ceux qui peuvent mettre le gouvernement en difficulté, comme l’âge légal, qui ne sera plus qu’un vestige symbolique, une borne témoin que l’immense majorité des travailleurs du privé observera en passant.
De même, il n’est nullement question d’aligner le calcul des pensions du public sur celles du privé ni de mettre fin aux privilèges exorbitants de certains régimes spéciaux. La hausse des cotisations comme la baisse des prestations porteront atteinte à la compétitivité et à la consommation, voire à l’épargne, c’est-à-dire aux moteurs de l’économie pour combler les conséquences de la mauvaise gestion publique : dans un pays structurellement socialiste, quoi d’étonnant ?
Les dindons des classes moyennes iront rejoindre les pigeons et les poussins dans la grande foule des plumés. Comment espérer faire partager le goût de l’effort et de la réussite à un peuple auquel on répète chaque jour que la richesse ou même l’aisance sont des péchés qu’il faut se faire pardonner ?

La solution courageuse existe. Elle a été mise en œuvre en Suède avec les« comptes notionnels »… en 1998 ! Elle repose sur l’égalité, sur la liberté (tiens ?) et sur la simplicité. Il n’y a plus de statut de la fonction publique. Tous les Suédois peuvent prendre leur retraite à 61 ans. Ils font alors leur choix en fonction de leur situation familiale et professionnelle, en se basant sur le nombre de points accumulés durant leurs années de travail. Ces points varient selon deux indices : le salaire moyen et l’espérance de vie. C’est un système fondé très majoritairement sur la répartition (7/8) qui permet à chacun de prendre sa décision en toute transparence et à l’ensemble de s’adapter automatiquement à la conjoncture.
Lors du débat de 2010, c’est la solution que j’avais préconisée, en y ajoutant une variable, celle d’un troisième indice, selon l’espérance de vie par profession, afin de tenir compte de la pénibilité.
La Suède, pays où les sociaux-démocrates et les libéraux ont alterné au pouvoir, a eu le courage de procéder à une réforme structurelle décisive, soutenue par les uns comme par les autres. Que la France n’en soit pas capable et que nos gouvernants demandent toujours plus aux Français sans savoir où ils vont n’est ni glorieux ni rassurant.
BVOLTAIRE   
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Lex usa. La CIA espionnait à sa guise des banquiers à Genève. Ces faits portent un nouveau coup à la loi urgente censée régler le conflit fiscal.

Bertrand fischer

L’histoire est digne d’un roman d’espionnage. Elle est pourtant réelle. Dès 2007, la CIA a espionné des banques à Genève sous couverture diplomatique, sans être inquiétée le moins du monde. Les révélations d’Edward Snowden, l’homme qui est à l’origine des fuites sur le programme américain de surveillance des communications, tombent au plus mal pour le Conseil fédéral. Déjà mal perçue devant le parlement, son projet de loi pour aider les banques à régler leur différend fiscal avec Washington, encaisse un nouveau coup qui pourrait lui être fatal.

Réfugié à Hong Kong, Edward Snowden, 29 ans, a tout déballé dans une interview accordée dimanche au quotidien britannique The Guardian. Son histoire passe par Genève. Ce sont même les pratiques dont il a été témoin dans la cité de Calvin qui l’ont incité à se mettre à table.

Employé d’un sous-traitant de l’Agence de sécurité nationale (NSA), Snowden a aussi travaillé pour la CIA. L’agence américaine de renseignements l’engage comme technicien au début des années 2000. Très habile pour explorer les ressources d’internet et des programmes informatiques, il prend du galon. En 2007, on l’envoie en poste à Genève sous une couverture diplomatique.

 Il a alors accès à des documents hautement confidentiels. Au « Guardian », la taupe détaille l’incident qui l’a dégoûtée du métier.Pour obtenir des données bancaires secrètes, un agent de la CIA parvient à recruter un banquier suisse, qu’il piège en le soûlant et en l’amenant à conduire en état d’ivresse. « Une bonne partie de ce que j’ai vu à Genève m’a enlevé mes illusions sur le fonctionnement de mon gouvernement et son impact dans le monde », a affirmé Edward Snowden au Guardian. Il tournera le dos à la CIA en 2009.


Ancien procureur tessinois, Dick Marty est l’auteur d’un rapport sur les prisons secrètes de la CIA en Europe. Interrogé par la RTS, il ne se dit guère surpris par les révélations du jeune homme. « La CIA se comporte partout comme si elle était chez elle. » En Suisse aussi, son antenne dispose d’une « logistique extrêmement importante ». Citant l’affaire Tinner, le Tessinois trouve gravissime que la Confédération habitue la CIA à pouvoir violer les lois suisses à sa guise. Que font les services secrets helvétiques ? « Ils sont dans un rapport de claire subordination face à l’agence américaine, avec laquelle ils partagent des informations. » Lire la suite sur le site de l’Agefi suisse.
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PARIS (Reuters) – La polémique politicienne a pris le pas sur la condamnation unanime après la mort d’un militant d’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon accusant vendredi le Parti socialiste d’avoir instrumentalisé l’extrême droite.
« Le PS a instrumentalisé à mort l’extrême droite, l’UMP en a fait autant », a dit le co-président du Parti de gauche sur RMC et BFMTV.
Jean-Luc Mélenchon a aussi qualifié l’altercation de mercredi soir près de la gare Saint-Lazare à Paris, où Clément Méric a été frappé par des skinheads, d’ »assassinat » et de « fait politique ».

L’étudiant de 19 ans a succombé jeudi à ses blessures.
Sept personnes proches de groupuscules d’ultra droite ont été placées en garde à vue. Trois hommes et une femme âgés de 20 à 30 ans, dont l’auteur présumé des coups, ont été interpellés à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et trois autres se sont constitués prisonniers ultérieurement.
« Ce jeune homme a été assassiné », a dit Jean-Luc Mélenchon sur RMC et BFMTV.
« Il ne faut pas mettre un signe égal entre ceux qui frappent et qui tuent (…), entre la victime et le bourreau », a dit le co-président du Parti de gauche.
Une autopsie devra déterminer vendredi les causes exactes de la mort de l’étudiant, a-t-on précisé de source judiciaire. Le décès a pu être provoqué par les coups de poing ou par sa chute contre un plot métallique lors de la bagarre.
« C’est un fait politique que des groupes d’extrême assassinent en frappant comme ils l’ont fait », a estimé Jean-Luc Mélenchon.
Patrick Vignal, édité par Jean-Philippe Lefief
BVOLTAIRE    
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PARIS (Reuters) – Aucun des économistes interrogés cette semaine par Reuters ne pense que l’objectif de François Hollande d’inverser la courbe du chômage fin 2013 se réalisera, et quasiment tous prévoient que le chômage continuera à augmenter l’an prochain.
Ces résultats sont cohérents avec les prévisions du FMI, de la Commission européenne et de l’OCDE. L’Unedic, qui gère l’assurance chômage, estime quant à elle qu’une stabilisation du nombre de chômeurs est possible fin 2013, avant une nouvelle hausse en 2014.
À la question de savoir si le gouvernement atteindra son objectif d’inverser la courbe du chômage fin 2013, douze économistes répondent « non » et un treizième ne se prononce pas.
Quand on leur demande quand le taux de chômage trimestriel baissera pour la première fois, les réponses vont du premier trimestre 2014 à l’année 2015, avec en moyenne une première baisse attendue aux alentours du troisième trimestre 2014.
Au gouvernement, on assure que l’objectif présidentiel n’est pas hors d’atteinte. « Ce n’est pas un objectif facile, ni certain, mais c’est encore possible », explique-t-on au ministère de l’Economie.
Après un nombre record de demandeurs d’emploi en avril, l’Insee doit publier ce jeudi le taux de chômage du premier trimestre. Il était de 10,2% au quatrième trimestre 2012 en métropole et de 10,6% avec les départements d’Outre-mer.
En moyenne, les économistes voient le chômage toucher 11,2% de la population active française en 2013 et 11,5% en 2014, leurs prévisions allant de 10,7% à 11,5% pour cette année et de 10,8% à 11,7% pour l’an prochain.
« Je crois que la situation va rester extrêmement difficile », explique Julien Manceaux, économiste chez ING.

« Pour que la courbe du chômage baisse, il faut que la France soit prête à bénéficier de la reprise mondiale mais cela semble difficile dans la mesure où les pays du sud de l’Europe, contrairement à la France, font énormément d’efforts pour rattraper leur compétitivité », ajoute-t-il.
Dans le détail, les économistes estiment en moyenne que le taux de chômage atteindra 10,9% au premier trimestre 2013, 11,2% au deuxième, 11,4% au troisième et 11,5% au quatrième.
La situation est moins tranchée pour l’an prochain, avec un taux attendu en moyenne à 11,4% au premier trimestre, 11,4% au second, 11,5% au troisième et 11,4% au quatrième.
Un seul économiste voit le taux de chômage annuel baisser en 2014 par rapport à 2013, dix autres attendant une hausse et un autre une stabilisation.
Shaloo Shrivastava à Bangalore, Ingrid Melander, Natalie Huet et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse
BVOLTAIRE  
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Le gouvernement a tranché : la réforme de la politique familiale portera uniquement sur la modification du quotient, qui devrait toucher 12 % des familles, et sera concentrée sur celles qui sont les plus aisées. Ouf, l’universalité du système ne sera pas remise en cause, et le président de l’UNAF en danserait presque un petit pas de gigue pour fêter l’événement.
Que la branche famille de la Sécurité sociale soit structurellement excédentaire, que la bonne santé de la fécondité française soit l’un des rares indicateurs à long terme positif pour notre nation, que l’économie finale ne sera probablement que de l’ordre d’un milliard quand une réelle réforme fiscale aurait pu durablement redresser nos comptes déficitaires, l’homme qui n’aime pas les riches et ses complices qui n’aiment ni les familles, ni les enfants, ni les porteurs de sweat-shirts s’en tamponnent le coquillard à un point que la décence élémentaire ne permet même pas d’imaginer.
L’impôt sur les marmots, c’est la dernière invention d’une majorité nourrie à la haine des familles et autres immoralités « gidesques ». Car, en effet, malgré la promesse faite par François Hollande le 16 mai dernier, c’est bien un impôt nouveau qui vient d’être levé : cela fait cependant déjà quelques mois que nous avions compris que l’instigateur du « mariage pour tous sauf pour lui » ne tient ses serments qu’envers ceux qui obtiennent, par voie de lobbying, leurs rendez-vous avec lui en moins de 48 heures.

Entendons-nous bien, l’universalité de la redistribution horizontale, base nécessaire mais insuffisante d’une politique familiale, n’est conservée qu’en raison de l’incroyable mobilisation qu’a suscitée contre elle la mise à mort du premier des principes universels de l’existence même d’une famille : la parité dans le mariage. On se demande d’ailleurs à quoi bon cette réformette, qui ne rapportera qu’à peine de quoi financer la mesure compensatoire de création de 100.000 places de crèches et 175.000 autres, dont on ne sait pas très bien quoi, appelées « solutions nouvelles de garde ». Il s’agit probablement de moyens supplémentaires pour arracher, dès leur plus jeune âge, les enfants aux déterminismes familiaux et religieux : la réforme familiale, pour le pouvoir en place, c’est l’instauration d’une civilisation nouvelle, ne l’oublions pas !
64 euros, c’est ce que chaque foyer perdra en moyenne en pouvoir d’achat, pour ouvrir des crèches modèles où l’apprentissage du « gender » aux enfants se fera dès l’âge de 6 mois, comme celle inaugurée par Najat Vallaud-Belkacem en février dernier. Ça me ferait quand même mal d’y voir mes petits-enfants : Gégé, elles sont comment, les crèches en Russie ?
BVOLTAIRE  
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PARIS (Reuters) – Le rapport Moreau sur l’avenir des retraites proposera de mettre à contribution les retraités, les entreprises et les actifs, dont les fonctionnaires, pour résorber les déficits, écrit mardi Le Figaro sur son site internet.
Le rapport sera remis à la mi-juin au gouvernement et doit lui fournir des pistes pour sa réforme annoncée pour l’automne.
Le Figaro, qui cite des sources syndicales ayant eu accès au rapport de Yannick Moreau, précise que les mesures proposées ne seraient pas nécessairement cumulatives.
Sans surprise, le texte proposera que les actifs travaillent plus longtemps, sans choisir entre un nouveau relèvement de l’âge légal ou un allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, selon le quotidien. Le président François Hollande s’est exprimé en faveur de cette seconde option.
Les actifs pourraient en outre subir une sous-indexation pour le calcul de leur pension, avec par exemple 100 euros cotisés pour 95 euros de droits à la retraite, un mécanisme déjà utilisé dans les régimes de retraites complémentaires.
Pour les fonctionnaires, le rapport propose de rapprocher les règles de calcul de celles du privé, en calculant la pension sur les dix dernières années d’activité et non plus sur les six derniers mois, tout en prenant davantage en compte les primes. Les pensions des salariés du privé sont calculées sur les 25 meilleures années.
Côté entreprises, il prône d’augmenter la cotisation patronale déplafonnée pour la faire passer de 1,6% à 1,9%. Les organisations patronales ont dit leur opposition à toute hausse des cotisations qui viendrait contrarier les efforts entrepris pour accroître leur compétitivité.

Pour les retraités, le texte propose de supprimer l’exonération d’impôt de 10% pour frais professionnels dont ils bénéficient, la fiscalisation des pensions majorées de 10% pour les parents de trois enfants et plus, et d’aligner, pour les retraités aisés, le taux de CSG sur celui des actifs.
Les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault ont précisé que les propositions de la commission Moreau ne constituaient que des « pistes », une « boîte à outils » dans laquelle le gouvernement piochera pour définir les orientations qu’il souhaite présenter aux partenaire sociaux.
Les consultations sur la réforme des retraites seront lancées lors de la conférence sociale des 20 et 21 juin et se poursuivront les mois suivants, a indiqué Matignon.
Une source proche de la présidence de la République a déclaré à Reuters que les informations du Figaro n’étaient pas toutes exactes et que le rapport n’était pas encore bouclé.
Jean-Baptiste Vey, avec Catherine Bremer, Elizabeth Pineau et Julien Ponthus, édité par Sophie Louet
BVOLTAIRE  
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PARIS (Reuters) – La décision du gouvernement français de baisser le quotient familial est une mesure juste et efficace, déclare François Hollande dans un entretien que publie mardi La Provence.

Le gouvernement a annoncé lundi la baisse du plafond du quotient familial et la modulation de certaines aides en fonction des revenus dans un souci affiché de « justice » sociale et de « solidarité » avec les foyers les plus pauvres.
« Deux options possibles se présentaient: dans un cas, on revenait sur l’universalité des allocations familiales. Dans l’autre, on réduisait l’avantage fiscal pour les revenus les plus aisés à travers une modification du quotient familial », dit François Hollande à La Provence.
« J’ai préféré cette solution car elle est plus juste, plus simple et plus efficace. Elle ne concerne que 12% des ménages, les plus aisés », ajoute-t-il.
Cette mesure a pour effet de réduire le déficit de la branche famille de la sécurité sociale, qui a atteint 2,5 milliards d’euros l’an dernier.
François Hollande déclare en outre à La Provence que le statut des auto-entrepreneurs sera préservé « mais en évitant certains abus ».
Il réaffirme qu’il ne touchera pas à l’âge de départ à la retraite mais répète que les Français devront cotiser plus longtemps.
Le président assure par ailleurs qu’il ne remettra pas en cause les droits des chômeurs.
Patrick Vignal
BVOLTAIRE  
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Le Sénat a rejeté lundi la création de la métropole de Paris prévue par le projet de loi de décentralisation, qui devait servir de base au futur établissement public du « Grand Paris ».
Les sénateurs ont adopté des amendements présentés par l’UMP et les communistes visant à supprimer du texte consacré à l’organisation des compétences des collectivités quatre articles traitant de Paris et de l’Ile-de-France.

Roger Karoutchi, le sénateur UMP des Hauts-de-Seine à l’origine de l’un des amendements, s’est félicité du rejet d’un projet qui aurait « donné naissance à un nouveau monstre bureaucratique ».
« Ce nouvel échec du gouvernement prouve qu’il n’est pas suffisamment à l’écoute des représentants légitimes des collectivités locales », écrit-il dans un communiqué.
Un autre sénateur UMP, Philippe Dallier, invite le gouvernement à revoir « rapidement sa copie », jugeant que « c’est tout l’édifice qui s’écroule ».
La ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, Marylise Lebranchu, a dit « regretter » le vote du Sénat.
« Ce rejet du Sénat, qui ne propose aucune alternative, risque de faire perdre, de nouveau, un temps précieux aux habitants d’Ile-de-France, déjà largement pénalisés par le manque de logements, la précarité énergétique et les écarts de richesses d’une commune à l’autre », écrit-elle dans un communiqué, déplorant une « alliance de circonstance » entre UMP et communistes.
Gérard Bon, édité par Chine Labbé
BVOLTAIRE
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Avec quelque 1.620 nouveaux inscrits à Pôle emploi chaque jour, le nombre des chômeurs français ne cesse de croître. Les demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A ont vu en avril leur taux augmenter de 1,2 % par rapport à la fin mars 2013, soit une hausse de 12,5 % sur un an. Ça ne va guère mieux chez nos voisins, souvent même plus mal, le taux global du chômage dépassant les 12 % dans la zone euro, soit 19,37 millions de personnes « inoccupées »en avril dernier.
Certes, notre Président normal persiste à vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes et assure, contre vents et marées, et surtout contre l’évidence, qu’il aura d’ici la fin de l’année « inversé la courbe du chômage ». À moins de posséder, comme les sourciers, une baguette de coudrier qui se tortille en présence d’un gisement d’emplois, on ne voit guère comment il pourrait accomplir cette aimable prophétie.
Les Français ne croient pas aux rodomontades de François Hollande. Ils ne croient pas non plus dans les capacités de Pôle emploi pour les recaser. Les plus enthousiastes ne croient qu’en une chose : eux-mêmes. Précisément, sachant que personne n’a plus de boulot à leur offrir, il ne leur reste qu’une solution : s’en créer un. C’est le principe de l’auto-entreprise, l’une des rares bonnes idées du gouvernement précédent. Trois petits clics et puis voilà, mon boulot sur un coin de table entre ma cuisine et ma chambre.
D’accord, et c’est sûrement ce qui chagrine la gauche vertueuse qui nous gouverne, des tas de plus gros patrons – cupides, forcément – ont trouvé chez les auto-entrepreneurs la solution à cette flexibilité qu’on ne peut leur accorder : ils recrutent des fournisseurs plutôt que des salariés, ce qui représente pour eux autant de charges en moins. D’accord aussi, et c’est sûrement ce qui chagrine les syndicats vertueux partisans acharnés du tout ou rien, l’auto-entrepreneur est un solitaire impossible à manœuvrer.
Mais tout cela ne serait que billevesées si une catégorie professionnelle particulière, à savoir les artisans du bâtiment, n’avait dénoncé dans l’auto-entreprise une « concurrence déloyale ». Avec leurs échelles, leurs pinceaux et surtout leurs ciseaux à main, les auto-entrepreneurs tondraient injustement la laine sur le dos de moutons déjà bien rasés. Monsieur Hollande allait donc sauver les artisans du bâtiment, il le leur avait promis durant sa campagne.
C’est Madame Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, qui en a été chargée. Elle a vite trouvé la méthode : zigouiller les auto-entrepreneurs. Couic, les poussins, tués dans l’œuf ! Ils n’ont qu’à devenir de vraies entreprises, qu’elle a dit. Non mais ! Yaka, zavéka, yfokon… Notez bien que ce n’est pas tout à fait de sa faute, à madame Pinel : elle est jeune, et jeune, elle n’a jamais connu que la fonction publique. Fille d’élus, passée elle-même à la politique dès qu’elle eut fini ses études à rallonge, que voulez-vous qu’elle connaisse à l’entreprise ou même à l’envie d’entreprendre ? Rien, comme 99 % des membres de ce gouvernement qui ne compte qu’un seul non-fonctionnaire. Record de la Ve République battu.

Madame Pinel voudrait limiter la durée de l’auto-entreprise, persuadée sans doute qu’un auto-entrepreneur qui a le feu au cul se gonflera instantanément pour devenir une PME. Elle voudrait aussi réserver cela aux retraités, histoire qu’ils puissent encore s’acheter des confitures à mettre sur la tartine du matin quand le gouvernement aura désindexé leurs pensions.
Ce que madame Pinel devrait savoir mais qu’elle a pourtant l’air d’ignorer, c’est que si 40 % des auto-entrepreneurs exercent leur activité en complément d’un salaire ou d’une pension de retraite, 60 % le font à titre principal. C’est souvent la dernière issue après des années de chômage, en complément cette fois d’un morceau de RSA. En effet, quand on est un« senior » (à partir de 45 ans) en fin de droits, l’auto-entreprise est la seule planche de salut qui flotte encore au fil de l’eau. Il n’est pas sûr que saborder ces gens-là pour satisfaire la promesse de François Hollande aux artisans du bâtiment soit un bon calcul. Subséquemment, on lui rappellera que depuis toujours, à Paris en tout cas, on dit que la première entreprise de peinture est… la préfecture de police. Suivie des pompiers.
   BVOLTAIRE     
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Les sites groupe-ump-paris.org  et u-m-p-paris.org sont aussi hébergés sur ce serveur enn Angleterre.
Un bel exemple de préférence nationale sur lequel Marine le Pen et ses alliés pourront développer sans problème développer leur théorie sur la vérité de l' UMP, en décalage avec la façade.

Jean-françois Copé et son pain au chocolat, c'est plutôt scone et muffin.

Si l'on en revient au site de vote des primaires de l' UMP, ça veut dire aussi que la police et les services de renseignement anglais ont la liste de tous les votants à cette primaire UMP ainsi que leur vote.
Est-ce profitable à une faction de l'UMP, qui ainsi, en dehors des lois françaises, récupère des données ou est-ce au seul profit des anglo-saxons qui savent ainsi qui financer qui appuyer pour avancer leurs pions en France  et en Europe ?
NEWSNOURS
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par Justyna Pawlak et Adrian Croft
BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne va autoriser de fait ses Etats membres à livrer des armes aux rebelles syriens en l’absence d’accord lundi entre les Vingt-Sept sur une prolongation de l’embargo.
La France et la Grande-Bretagne, qui militent depuis des mois en faveur d’une aide militaire aux rebelles cherchant à renverser Bachar al Assad, se sont toutefois engagées à ne pas fournir d’armes aux insurgés « pour l’instant », peut-on lire dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Cet engagement expire le 1er août, ont précisé des responsables européens.
Paris et Londres sont donc parvenues à leur fin mais aux dépens de l’unité européenne.
Plusieurs pays, au premier rang desquels l’Autriche et la Suède, jugent qu’un afflux d’armes en Syrie va aggraver les violences dans ce pays et contribuer davantage à la déstabilisation de la région.
Pour éviter que le refus franco-britannique de toute prolongation de l’embargo sur les armes n’entraîne une levée de l’intégralité des sanctions européennes à leur expiration samedi, les 27 ministres des Affaires étrangères sont tout de même parvenus à s’entendre sur le renouvellement de toutes ces sanctions, à l’exception de celles portant sur les armes.
Les sanctions renouvelées portent notamment sur un gel des avoirs et sur des interdictions de visas à l’encontre de Bachar al Assad et de plusieurs proches du président syrien. Elles concernent aussi les relations commerciales, des projets d’infrastructure et le secteur des transports.
RENFORCER L’OPPOSITION AVANT LA CONFÉRENCE
Le secrétaire britannique au Foreign Office a déclaré que le Conseil européen des ministres des Affaires étrangères avait ainsi de fait levé l’embargo sur les armes.
« Même si nous n’avons pas dans l’immédiat de projet de livraison d’armes en Syrie, cela nous fournit la souplesse nécessaire pour réagir à l’avenir si la situation continue de se détériorer », a dit William Hague à la presse.
Le conflit en Syrie a fait plus de 80.000 morts, selon l’Onu. Il a débuté en mars 2011 par des manifestations contre le régime de Bachar al Assad, dont la famille est au pouvoir depuis 1970, avant de dégénérer en conflit armé.
La France juge que le soutien militaire fourni par la Russie et par l’Iran aux forces syriennes justifie des livraisons d’armes aux insurgés afin de contraindre le régime à négocier.
Les Etats-Unis et la Russie ont lancé une initiative conjointe pour tenter d’organiser en juin une nouvelle conférence réunissant les différentes parties dans le but de parvenir à une solution négociée au conflit.
Paris et Londres pensent que la perspective de livraisons d’armes aux insurgés permettra de renforcer l’opposition syrienne lors de ces pourparlers, même si cette dernière, divisée, n’a toujours pas décidé de participer ou non à une telle conférence.
Au sein de l’UE, certains pays hostiles à de telles livraisons d’armes s’étaient dits prêts à accepter un assouplissement de l’embargo mais pas sa levée pure et simple. La Grande-Bretagne a toutefois refusé tout compromis, a-t-on appris de sources diplomatiques.
« Les Britanniques n’ont pas cédé un pouce », a déclaré un diplomate.
Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, a regretté qu’il n’ait pas été possible de trouver un terrain d’entente avec Paris et Londres.
Il a ajouté que l’Autriche allait désormais réfléchir au sort de ses 380 militaires patrouillant au sein de la force de l’Onu sur le plateau du Golan, entre Israël et la Syrie.

Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, s’est efforcée de donner le change en assurant que l’Union européenne n’avait pas perdu sa capacité à « avoir une politique commune ».
« Ce que cela signifie, c’est qu’il y a une reconnaissance du fait qu’en tentant de déterminer la meilleure manière de soutenir le peuple syrien, les pays voudront prendre des décisions (par eux-mêmes) », a-t-elle dit à la presse.
Même si la France et la Grande-Bretagne décident de fournir des armes aux rebelles, elles devront autoriser ces livraisons au cas par cas et vérifier qu’elles ne finissent pas entre de mauvaises mains.
Avec Ilona Wissenbach, Claire Davenport, Rex Merrifield à Bruxelles, Yesim Dikmen à Istanbul, Bertrand Boucey pour le service français
BVOLTAIRE 
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La Marche des Salopes au Brésil (@MarchaVadias) occupera les rues des capitales de l'Etat fédéral brésilien telles que São Paulo, Belo Horizonte, Recife, Florianópolis, Curitiba, Porto Alegre, Belém, Rio de Janeiro et Vitória, et le District fédéral ce week-end. Les manifestantes demandent la fin des violences contre les femmes et entonneront des slogans comme “mon corps est à moi” et “ni sainte, ni putain : une femme.” Informations sur le site de ce mouvement.

Fr.globalvoicesonline
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Dans un communiqué de presse intitulé « Attentat islamiste de Londres : ouvrons les yeux! », le député UMP Jacques Myard écrit.


LONDONSTAN Dans le premier paragraphe, le député s’en prend aux « naïfs qui prônent la tolérance envers les extrêmistes religieux ». Il est vrai que Londres a longtemps toléré des prédicateurs appelant à la haine en public, qu’ils s’agissent de personnes se revendiquant de l’Islam ou de l’extrême-droite. 


« Dans un monde devenu totalement transnational, sans frontières, il faut désormais que l’on sache que les assassins islamistes sont une cinquième colonne présente dans toutes les banlieues d’Europe. »

« Nous devons en tirer toutes les conséquences sur le plan juridique, au regard de la nationalité et des procédures de déchéance, mais aussi sur le plan des dérives communautaires qui ne peuvent plus être tolérées. »
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Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité. 

L’Allemagne elle-même, qui s’érige en donneuse de leçon de productivité, n’a pu bénéficier d’une croissance au-dessus de la moyenne européenne qu’à la faveur de sacrifices constants exigés à sa population. Le moteur à l’exportation allemand ne rugit pas seulement par la grâce de la force productive de ses entreprises. 

En réalité, c’est aux réformes dites « Hartz » entreprises entre 2003 et 2005 – et qui ont consisté à transférer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier – que l’Allemagne doit d’avoir dopé ses exportations. Ce sont effectivement les réductions salariales et les réformes drastiques de son marché du travail qui ont amélioré notablement sa productivité, en y comprimant à l’extrême le coût du travail. 

Ces réformes sinistres ont été initiées le 16 août 2002 par un groupe d’experts dirigés par le directeur des ressources humaines de Volkswagen, Peter Hartz, qui a présenté au chancelier allemand Gerhard Schröder ses propositions relatives aux réformes du marché du travail.

Dix ans plus tard, la société allemande se retrouve profondément transformée par ces réformes. 

En effet, une étude de l’OCDE, publiée à fin 2012, conclut à un accroissement spectaculaire de l’inégalité des revenus en Allemagne, bien plus que dans n’importe quel autre pays membre de cette organisation. 

Ayant très finement manœuvré, la commission Hartz a réussi à créer dans son pays un marché du travail subsidiaire – ou parallèle – dominé par des salaires bas et non soumis aux droits sociaux. 

De fait, ces réformes privent les chômeurs allemands de tous leurs droits aux allocations chômage. Ils sont dès lors réduits à l’état de mendiants sociaux ! 


Ainsi, ce n’est qu’après une année entière de chômage que le travailleur est en droit de demander une misérable allocation mensuelle de 347 euros par mois, à la seule condition toutefois d’avoir préalablement épuisé son épargne et à la condition expresse que son conjoint soit incapable de subvenir à ses besoins. 

Pourquoi ne pas évoquer également l’obligation lui étant imposée d’accepter n’importe quel emploi, indépendamment de ses qualifications et de ses revenus antérieurs ? 

Hartz est donc tout à la fois un piège et la meilleure voie pour la pauvreté, ou pour un état de précarité absolue inconcevable et intolérable dans un pays riche comme l’Allemagne. Une étude réalisée par l’Association à l’aide sociale paritaire allemande dévoile effectivement que les trois-quarts des personnes touchées par ces lois restent à jamais tributaires de Hartz. 

Par ailleurs, la simple menace de tomber dans Hartz contraint les chômeurs à accepter des emplois à salaire bas, à temps partiel, dénués de toute sécurité, de droits à la retraite et autres allocations. 

Le dogme allemand du travailleur « low cost » était donc né de ces réformes… Et, de fait, seuls 29 millions d’Allemands (sur près de 42 millions de travailleurs) disposent aujourd’hui d’emplois soumis au régime de la sécurité sociale, pendant que quelque 5,5 millions d’entre eux travaillent à temps partiel, et que plus de 4 millions gagnent moins de 7 euros de l’heure ! 

Le secteur allemand des bas salaires tire par le fond tous les salaires du secteur industriel en agissant comme une sorte de levier infernal. Le travailleur y subit des conditions similaires à celles encore en vigueur dans le Tiers-monde et dans les pays émergents. 

La compétitivité elle-même – maintes fois invoquée – n’est-elle pas une notion floue désignant la capacité d’un pays et de ses entreprises à affronter la concurrence ? La compétitivité par le bas – en réalité dévaluation interne – consiste à baisser les prix à l’exportation en diminuant les coûts à la production. Le débat public se concentre donc sur le coût du travail tandis que le coût du capital n’est jamais évoqué, alors que les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 10 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières. 

Ce niveau historiquement record depuis la Seconde Guerre mondiale, par rapport à 5,5% en 1999, permet de conclure que la part dévolue aux actionnaires a donc crû dans des proportions considérables ces douze dernières années. 

Autrement dit, la complainte patronale faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles investissements et du moindre effort en matière de recherche et développement ne tient pas la route. Elle passe en effet sous silence la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires de capital, quelle que soit l’intensité de la crise économique et financière. 

Voilà pourquoi les droits des salariés subissent une attaque sans précédent. Voilà pourquoi les coûts doivent être comprimés si le but est bien de gagner des parts de marché à l’export. Tels sont à l’évidence les impératifs si le but est bien de toujours plus rémunérer l’actionnariat, les capitaux et en finalité les parieurs en bourses… 

Cette logique débouche sur des contradictions inextricables, illustrées par le discours orwélien des industriels et des patrons d’entreprise expliquant que lutter contre les plans de licenciements revient à…lutter contre l’emploi ! 

Comprenons une fois pour toutes que compétitivité ni rime pas nécessairement avec chômage, avec précarité, ni avec explosion des inégalités, contrairement à ce que marchés et patrons imposent aux salariés et aux travailleurs depuis plus de vingt ans. Rebellons-nous contre les allégations de la Présidente du MEDEF, Laurence Parisot, qui se demandait en 2005 dans le Figaro : « La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ? » 

De telles déclarations consacrent la défaite du politique. En effet, l’une de ses missions devrait être la détermination des règles du jeu économique et la mise sous tutelle du néo-libéralisme qui n’est qu’une manœuvre visant à mettre l’Europe en pilotage automatique d’une concurrence supposée régler toutes les problématiques. 

Remplacer la culture de l’Etat par l’obsession du chiffre revient à fouler aux pieds l’essence même du travail, pourtant source de toute valeur économique. 

* Par Michel Santi, économiste, auteur de Splendeurs et micères du libéralisme, (éd. l’Harmattan) 
Marianne
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